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Le début d’une nouvelle semaine sur le marché des changes est marqué par un euro qui se maintient près de ses plus hauts de deux mois. Le principal moteur reste la faiblesse du dollar américain, sur fond de statistiques macroéconomiques décevantes ; toutefois, l’économie européenne est confrontée à ses propres difficultés, qui pourraient limiter la progression de l’EUR/USD.
Les données récentes dressent un tableau contrasté. D’un côté, l’économie de la zone euro montre des signes de reprise : le PIB du deuxième trimestre a dépassé les attentes, avec une croissance de 0,4 % d’un trimestre sur l’autre et de 1,0 % sur un an. Parallèlement, l’activité des entreprises s’est accélérée en juillet (l’indice PMI composite a été révisé à 52,0) et l’indice du sentiment économique est monté à 96,9, signant un troisième mois consécutif d’amélioration.
Cependant, l’économie de la zone euro demeure extrêmement vulnérable aux chocs externes et, en août, les pressions se sont intensifiées sur plusieurs fronts. Cela inclut une vague de chaleur extrême sans précédent et la montée des pressions inflationnistes, qui continuent d’éroder le pouvoir d’achat des ménages.
Un blocus ou une perturbation grave du trafic maritime dans le détroit d’Hormuz constituerait sans doute le scénario le plus dangereux pour l’économie européenne, qui est importatrice nette d’énergie. Selon une étude de la BCE, une flambée des prix du pétrole d’origine géopolitique pourrait réduire la croissance du PIB de la zone euro de 0,4 % au cours de la première année suivant le choc. Si le conflit affecte également le marché du gaz, les conséquences seraient encore plus sévères.
Si la situation dans le détroit s’envenime, l’économie européenne sera confrontée à une nouvelle vague de pressions stagflationnistes, ce qui constituerait un facteur extrêmement négatif pour l’euro.
La BCE est confrontée à un dilemme : une inflation élevée persiste, exigeant un resserrement de la politique monétaire, tandis que les signes de ralentissement de la croissance et les risques géopolitiques appellent à la prudence. Une hausse en septembre est jugée presque certaine, et une deuxième augmentation en 2026 est également probable. Certaines banques, comme UBS, anticipent deux relèvements de 25 points de base d’ici septembre.
Des données économiques moroses en provenance des États-Unis jouent en faveur de l’euro ; toutefois, les problèmes structurels de l’économie européenne et sa dépendance aux importations d’énergie créent des risques importants.
La position nette vendeuse sur l’euro a légèrement évolué au cours de la semaine de référence, à -8,52 milliards de dollars, avec un prix calculé supérieur à la moyenne de long terme, ce qui suggère un mouvement haussier plus probable que baissier.
La paire EUR/USD consolide après avoir progressé en réaction à la faiblesse des données sur le marché du travail américain. Sur le graphique journalier, le cours s’est installé au-dessus de la moyenne mobile à 100 jours, ce qui constitue un signal positif. Le scénario principal envisage une tentative de rupture de la résistance à 1,1600 et un test de la zone 1,1625/30 pour en vérifier la solidité. Cependant, les risques baissiers demeurent : toute nouvelle négative concernant la situation dans le détroit d’Hormuz, la hausse des prix de l’énergie ou une dégradation des indicateurs économiques de la zone euro pourrait provoquer une correction en direction des niveaux de soutien à 1,1480/1,1500.