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Les ténèbres s’épaississent avant l’aube. Pour l’instant, le dollar américain bénéficie, pour reprendre les mots des traders, « du meilleur des deux mondes » — alliant son statut de valeur refuge à une croissance économique supérieure — tandis que l’EUR/USD continue de chercher désespérément un plancher sur lequel s’appuyer.
Ce week-end, les États-Unis et l’Iran ont de nouveau échangé des frappes. Le commandement américain a fait état d’une nouvelle série d’attaques visant des systèmes de défense aérienne iraniens, des radars côtiers et des capacités de missiles — des dizaines de cibles touchées — et Téhéran a riposté par des frappes sur des bases au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie. Les Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont déclaré avoir intercepté deux navires qu’ils considéraient comme naviguant illégalement dans le détroit d’Hormuz. Les parties ne s’accordent même pas sur la question de savoir si le détroit est ouvert au trafic maritime, ce qui ne rassure guère les investisseurs qui espèrent une désescalade rapide.
Dynamique de la probabilité de récession aux États-Unis
Dans ce contexte, l'économie américaine continue de surprendre. Les prévisionnistes ont relevé leur estimation de croissance du PIB des États-Unis pour cette année à 2,1 %, contre 2,0 % en avril, et la probabilité d'une récession au cours des 12 prochains mois est tombée à 25 %, contre 33 % — son plus bas niveau depuis le début de 2025.
Il y a peu de raisons de se réjouir dans la zone euro : une enquête Bloomberg menée du 3 au 8 juillet auprès de 56 économistes a montré que les prévisions de croissance du PIB pour 2026 ont été abaissées de 0,7 % à 0,5 %, soit un niveau inférieur même au scénario de base de la BCE, fixé à 0,8 %. Les analystes citent la reprise des combats au Moyen-Orient comme principal facteur de cette révision à la baisse, et la divergence de la dynamique des deux économies constitue un atout supplémentaire pour le dollar américain.
Perspectives économiques européennes
Mais la situation n’est pas entièrement à sens unique. MUFG voit un potentiel de rebond de l’euro dans les semaines à venir. Certes, la monnaie unique est, à ce jour, la devise du G10 la plus faible en juillet, mais l’écart de rendement à deux ans a commencé à évoluer en sa faveur — les rendements de la dette européenne augmentent plus rapidement qu’aux États-Unis. La banque estime que les minutes de la BCE ont au moins consolidé les anticipations du marché en faveur d’une nouvelle hausse des taux dans la région. Parallèlement, la publication de l’indice des prix à la consommation américain la semaine prochaine, ainsi que le témoignage du président de la Fed Kevin Warsh devant le Congrès, seront déterminants pour la dynamique des rendements à court terme — et donc pour la paire EUR/USD.
MUFG met explicitement en garde contre les risques baissiers pesant sur les rendements des Treasuries américains, ce qui pourrait redonner un élan haussier à l’euro. Pour l’instant, le dollar bénéficie d’une double prime — solidité économique et crainte géopolitique — mais une telle combinaison dure rarement éternellement. Les marchés ont montré à maintes reprises qu’une confiance excessive dans une monnaie peut se retourner brutalement dès qu’un de ses piliers de soutien se fissure. Tôt ou tard, l’un de ces soutiens cédera. La seule question est de savoir lequel rompra en premier : la foi dans l’exceptionnalisme américain ou la patience du marché face aux rendements obligataires ?
D’un point de vue technique, sur le graphique journalier, le comblement du gap serait un signal positif pour les acheteurs. Un maintien durable au-dessus du support à 1,141, suivi d’un mouvement haussier vers un plus haut local autour de 1,1445, constituerait des arguments pour acheter.